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UN JEUNE HOMME RIEUR, BEAU ET PARFOIS CAPRICIEUX





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«Ce grand dégingandé, là-bas, aux cheveux fous, qui gesticulait, fai­sait le singe, l'oiseau, le cheval, hurlait, riait (mais quel rire, Seigneur, où l'a-t-il déniché et quel ange un rien démoniaque le propulse?). Ce jeune Achille, pétardant, heureux d'exister, on l'appelait Gérard Philipe. On le disaît venu depuis peu du Midi. Et certes il en avait le soleil dans les yeux, dans l'allure, avec je ne sais quoi de piémontais, rein cambré, menton fier, longues mains, mais noueuses, plus de paysan que d'intellectuel; en tout cas, un pur-sang, de haute race. Sûr de sa force intacte.»

Georges Perros, écrivain

«Gérard Philipe n'était pas seulement beau, il possédait — propor­tions du corps, du visage, des membres —le canon exact du jeune pre­mier et grand premier rôle. Le théâtre est plein de comédiens de talent à qui il manque quelques centimètres: lui seul répondait au nombre d'or du «héros» pour la taille, l'envergure des bras, le compas des jambes, tout ce qui aboutit au «dessin» d'un acteur en scène et anime l'espace qui l'entoure. Ce corps parfait supportait tous les costumes, du costume Louis XIII à la redingote et au gibus: ceux qui accablent les autres le rehaussaient.»

Morvan Lebesque

 

«Le jour de la rentrée de Gérard Philipe au T.N.P. fut un grand jour, car tout de suite a mis une grande animation, avec sa gaieté et son rire très clair. [...] Au début, je me trouvais un peu intimidée par lui, car il fut très froid et très réservé. Mais cela passa vite, car il avait le don de mettre son monde à l'aise quoi qu'il fût assez capricieux et impulsif. Parfois un rien l'agaçait, et sa contrariété se lisait sur son visage. Mais bien rares furent les jours où il faisait des reproches. Pourtant un seul regard me faisait deviner son humeur, et je savais tout de suite si je devais me taire ou bavarder. Il aimait bien bavarder lorsque la pièce où il devait jouer lui paraissait facile et qu'il était en forme. Sinon il se recueillait, se concentrait et restait silencieux. [...] Lorsqu'il avait joué comme il voulait, alors à la fin du spectacle toute sa joie éclatait, et il redevenait le gamin gai et turbulent qui ne pense qu'à faire des farces à ses camarades. Que de fois nous avons ri en tournée, au début, quand dans l'autocar, il passait son temps à chahuter et rire avec tous!»

Madame Aleivelatore, habilleuse de Gérard Philipe

 

Ouvert, courtois, rieur, ceux qui approchent Gérard Philipe sont tentés de voir en lui «un grand garçon tout simple». Ouvert, il l'est en effet à autrui, aux problèmes de son temps. Généreux en esprit, et en actes, sachant se donner, et donner. Mais l'ouverture au monde exté­rieur peut-être, aussi, une façon de se fermer, de se retraire, de préserver son quant-à-soi, son «for intérieur». La courtoisie est souvent chez Gérard un élan de gentillesse, l'expression de sa délicatesse, de sa sensi­bilité. Elle est parfois une défense, une manière de prendre ses distances —un recul autant qu'une avancée. Quant à la gaieté, au rire, ils ne rendent pas toujours le même son chez Gérard, ils n'ont pas con­stamment la même tonalité. Il rit souvent par exubérance vitale, par jeunesse et bonne humeur. Mais les plaisanteries, le jeu, les blagues lui servent également à se protéger, à se dissimuler. Au sortir de l'adoles­cence, il y a même de l'amertume dans son rire.

 

«Si Gérard était blagueur et de caractère très agréable avec les gens qu'il aimait bien .., ses camarades ou certains metteurs en scène pour qui il éprouvait une profonde affection, comme René Clair, par exemple, il ne pouvait pas supporter les raseurs, ni surtout les gens pompeux. Avec ceux-là, son côté gavroche se donnait libre cours et je me souviens de certains discours officiels, à la fin de quelque banquet, où Gérard, dans une brillante improvisation et d'une verve inouïe, réus­sit à paraître d'une politesse exquise, alors qu'il mettait tout le monde «en boîte» d'une façon effarante. Il faisait cela si froidement, avec un humour si particulier et si «pince-sans-rire» que seuls les membres de son équipe en goûtaient le double sens* et nous étions tous malade de rire.»

Rosine Delamare, costumière

 

«Je le retrouve tout vivant dans ma mémoire. Je vois son large sou­rire qui accueillait ses amis avec le bonjour quotidien. Ce «bonjour» n'était pas vidé de sens, pour lui il était sincère, il était profond, car c'était un homme de cœur dans les petites comme dans les grandes actions. Ce «bonjour» lancé bien haut dans les studios et qui résonnait à la ronde, ce «bonjour» jeté du haut du barrage en montagne, ce «bonjour» crié aux admirateurs dans une rue de province, ce «bon­jour» fraternel, lancé à une salle parisienne, lors d'un congrès pour la paix, ce «bonjour», c'était le grand salut à la vie, c'était le grand cri joyeux, l'espoir d'une belle journée pour tous les hommes, ses camarades, ses frères, les ouvriers, les techniciens, les manuels, les intellectuels, les artistes, c'était un encouragement donné à tous pour l'accomplissement de leurs tâches, pour la perfection de leur travail, dans une mutuelle compréhension, faite de bonté, de gen­tillesse, de bonne humeur et d'amour. Pour Gérard, le clair et joyeux salut quotidien n'était pas une formule vide, mais un message d'amitié.»

Henri Alekan

«UN ETRE DISCRET ET SECRET»

Mais l'humour et le rire étaient aussi chez lui une protection, un rempart. «Gérard Philipe, écrit Michel André, manifestait une grande curiosité pour les êtres qui l'intéressaient. Il aimait à les interroger. Par contre, il n'aimait pas les questions indiscrètes. Aussitôt, il était sur la défensive. Et, sur lui-même, il était difficile d'apprendre quoi que ce soit.

Je l'ai revu plusieurs fois, alors qu'il était en pleine gloire.

Son «moi» était resté cette forteresse qui ne comportait aucune brèche. Et je crois que c'est une des raisons pour lesquelles le succès l'avait laissé tellement intact. Inchangé.»

[...] En 1958, Gérard Philipe accepte, à deux reprises, de répondre au «jeu des questions». Il joue le jeu avec franchise, et pourtant ne s’y livre jamais à fond.

—Votre portrait moral?

—Je suis ambitieux.

—Votre première qualité?

—L'orgueil.

—Votre principal défaut?

—L'orgueil.

—Etes-vous optimiste?

—Je le deviens face aux situations inextricables, embroillées ou angoissantes.

—Que,détestez-vous le plus?

—La mauvaise foi, la mollesse, le manque de conscience profession­nelle.

—Etes-vous timide? En quelles circonstances?

—Je suis timide, mais ne me demandez pas en quelles circonstances.

—Avez-vous de l'à-propos?

—Quand je ne suis pas fatigué.

—Comment se manifeste votre nervosité?

—Par l'insolence.

—Qu'est-ce qui vous inquiète et vous réjouit le plus?

—L'homme.

—A quoi devez-vous votre réussite?

—A la chance, d'une part, à l'acharnement, de l'autre.

—Etes-vous enthousiaste ou réfléchi?

—Je suis enthousiaste d'abord, je réfléchis ensuite.

—Quelle pensée s'impose souvent à vous?

—L'urgence des choses que je dois faire.

—Où vous sentez-vous très à l'aise?

—Chez moi.

—Très embarrassé?

—Chez ceux que je ne connais pas.

—Quelles qualités appréciez-vous chez une femme?

—Tendresse, générosité, lucidité.

—Quels défauts vous semblent les plus haïssables chez une femme?

—Le contraire de ces qualités.

—Quelle qualité appréciez-vous particulièrement chez vos amis?

—Le silence. J'aime qu'un ami sache l'observer.

—Quelles sont les choses qui vous passionnent en dehors de votre métier?

—Le métier des autres.

—Quelle profession auriez-vous exercée si vous n'aviez été comé­dien?

—Médecin, ou une carrière tournée vers la recherche scientifique.

—Votre dramaturge préféré?

—Molière.

—Votre poète préféré?

—Paul Eluard.

—Quelle est, à votre avis, la personnalité la plus marquante de ce siècle?

—Lénine.

—Quelles sont les villes qui vous ont le plus frappé?

—Rome, Varsovie, Leningrad, Pékin.

—Regrettez-vous quelque chose?

—La jeunesse.

—Etes-vous soucieux de votre état de santé? Voyez-vous souvent votre médecin?

—Je le consulte quand je suis malade. Mais je ne suis guère du genre «médicament».

—Qu'est-ce qui vous étonne dans la vie?

—Sa brièveté.

—Avez-vous peur de la mort?

—Hé, oui.

Le questionné ne se dérobe à aucune question, mais on ne peut pas dire qu'il s'abandonne tout à fait. Autour de lui, ses camarades de tra­vail, ses compagnons le sentent souvent lointain, dérobé.

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